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Créol : « Je n’apprends rien à personne, la musique que je fais c’est pour un public adulte »

Créol : « Je n’apprends rien à personne, la musique que je fais c’est pour un public adulte »

Créol défraie la chronique depuis près d’ un an dans le milieu du showbiz gabonais. A l’approche de la sortie de « V.I.P », sa nouvelle vidéo déjà très polémique, la chanteuse s’est confiée à notre rédaction sur les nombreuses réactions que ses chansons suscitent. En revenant sur son parcours, Créol nous explique ses choix artistiques et son parti pris d’être une femme libre qui s’exprime grâce à sa musique.




Bonjour Créol, merci pour ta disponibilité. Comment te portes-tu ?

Je vais très bien merci, j’espère que vous aussi.

Tout d’abord, une clarification. Pourquoi ton nom de scène a-t-il changé ? Passant de Créole à Créol.

C’est  juste pour des raisons marketing. La décision a été prise conjointement avec la production.

Le public t’a découverte il y a quelques années avec la chanson « Dans ma timbel », en collaboration avec Bubal Bu Kombil. Quel souvenir gardes-tu de cette expérience ?

Ça  reste l’un de mes plus beaux souvenirs. Cette collaboration a marqué le début de ma carrière grâce à Bubal Bu Kombil, un grand frère qui a su voir en moi une graine de star et je lui en suis reconnaissante d’avoir cru en moi alors que je n’avais jamais songé à me mettre sur le devant de la scène.

S’il est vrai que je chantais avec mon père et mon frère et que nous faisions parfois les chœurs sur certaines de ses chansons, je n’avais jamais pensé moi, Moussitou Mackaya Janice (de mon vrai nom), être où je suis aujourd’hui. Mais comme me l’avait prédit Bubal un soir dans un train en direction de Moanda, j’avais « le truc pour réussir ».  Ces mots m’ont radicalement changée.

Mannequin, actrice, notamment dans le film très populaire de Melchy Obiang « Le secret des vierges », c’est dans la musique que tu as réellement percé. Pourquoi à ton avis ?

La musique est un héritage familial, donc on va dire que je suis née dedans. Mon père, M. Mackjoss, “le Baobab” comme on l’appelle, et  mon oncle maternel Agoblo Boutchanga  étaient membres de l’orchestre “Massako”. La musique coule dans mes veines depuis ma naissance et parmi les enfants de mon père, nous sommes deux à avoir hérité de ce don merveilleux: mon frère Brake et moi.

Créol, sur scène en première partie du concert du groupe Magic System à Libreville.

En observant ton parcours, ton genre musical a d’abord été la musique douce, en l’occurrence le Zouk (Serre-moi contre toi, Ludo, A tes côtés, etc.). D’où tires-tu ces influences ?

Je me suis décidée à me lancer parce que  Bubal Bu Kombil m’avait proposé cette superbe chanson “Dans ma timbel”. Je l’ai écoutée et elle m’a plu de suite de par son caractère assez provocateur et ses belles mélodies. Ensuite, le titre  ‘”Ludo”, c’est  mon frère Brake qui l’a écrite; celle-là en hommage à mon chéri Ludovic Falandry.

J’étais plus emportée par les mélodies Zouk, même si cela ne correspondait pas à ma personnalité, certainement beaucoup influencée par la magnifique musique zouk de l’époque: Princess Lover, Jocelyne Labylle, Arielle T encore aujourd’hui, Eric Virgal, Oliver N’Goma.

Depuis quelques mois, tu as pris une autre direction artistique. Un tournant caractérisé par la chanson « Bonobo » et aujourd’hui « V.I.P ». Est-ce un choix stratégique concerté avec ton label ou une envie personnelle d’expérimenter autre chose pour ta carrière ?

Pour la suite il a vraiment fallu que je me fasse confiance. Je sentais qu’il fallait que je change ma direction artistique, je ne voulais plus chanter des titres écrits par d’autres  personnes et ceux que j’écrivais moi-même étaient très loin du zouk. Ce n’était pas un choix de ma production mais une volonté personnelle d’ouvrir mon cœur à ma musique  en faisant confiance à Dieu. En gros, j’ai juste extériorisé la conception que j’avais de ce que devait être ma musique.

Ⓒ VinceBouss

Ces deux chansons (Bonobo, V.I.P) font beaucoup de buzz, ne laissant personne indifférent. Comment se passe l’écriture de tes titres ? T’inspires-tu du quotidien, de ce que tu vois autour de toi ou de ton propre vécu ?

Depuis que j’ai décidé de me lancer dans cet univers de dancehall où je peux m’exprimer  comme je le sens, c’est merveilleux car tout me vient plus naturellement. Je suis comme possédée quand j’écris une chanson (rires).

 

“Une femme doit exprimer  sa sexualité, sa sensualité, sans avoir honte car c’est  naturel.”

 

Que signifie « V.I.P » et quel est le message que tu veux faire passer à travers ce titre qui, on le rappelle, suscite déjà beaucoup de curiosité de la part du public ?

“Very Important Pussy” parce que tu te donnes de la valeur avant que les autres ne le fassent. Une femme doit exprimer sa sexualité, sa sensualité sans avoir honte car c’est  naturel. Le message derrière ce titre qui fait déjà polémique, va à l’endroit des hommes : fais plaisir à ta femme, fais-la sourire, fais-la délirer et elle t’ouvrira les portes de son VIP (rires).

Depuis Bonobo et maintenant VIP, comment gères-tu les polémiques et les avis des personnes qui estiment que ta musique pervertit la jeunesse ? Certains appellent même à la censure. Ne crains-tu pas pour ton image ? Que leur réponds-tu ?

Je ne suis pas cette artiste parfaite qui fait cette musique parfaite que tout le monde aimerait écouter. Du point de vue des autres, il y aura toujours à redire donc je ne me mets aucune pression à ce sujet : celui qui me traite de “pute” n’a aucun problème personnel avec moi mais certainement une façon différente de percevoir le monde autour  de lui.

A propos de censure, je rigole car si on pousse la réflexion, on se rend compte qu’au Gabon, on a dansé sur pas mal de titres aux contenus explicites venant d’autres pays. “Zizi”; “Isabelle son con”; “Colonel bangala”; “Coller la petite” pour ne citer que ceux-là. Bref, je n’apprends rien à personne, la musique que je fais c’est pour un public adulte.

 

Le teaser tourne déjà depuis quelques semaines, il s’annonce très « hot », comment s’est passé le tournage de la vidéo, dans quelle ambiance ?

C’était super! Je remercie ma production ainsi que tous ceux qui ont permis de faire de ce clip un bijou visuel. J’ai tourné avec l’un des meilleurs réalisateurs de sa génération, M. SESAN, qui a collaboré avec Davido, etc. et bien sûr le génie Mahine Sef. Merci à tous  ceux qui se sont mobilisés pendant 3 jours non-stop, merci à Shan’L  pour le soutient mais aussi à la grande Arielle T. Je ne vous en dis pas plus. Surprise surprise…

Ceci présage-t-il un projet d’album ?

Bien-sûr !!!

Tu es très présente sur les réseaux sociaux, proche de tes fans et de tes détracteurs à qui tu n’hésites pas à répondre. Ce type de proximité te tient-elle à cœur ? Avec ta notoriété grandissante, ne crains-tu pas de ne plus avoir de temps à leur consacrer ?

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J’aime  les réseaux sociaux, c’est un super moyen de communication. Grâce à eux je reste en contact avec mes fans, mes fantastiks, ceux-là qui m’ont soutenu dès le départ, ces fans grâce à qui le titre Bonobo a pu atteindre le million de vues.

Ⓒ VinceBouss

En novembre dernier, tu as poussé un coup de gueule à travers un live Facebook à l’encontre de l’animatrice de l’émission Afro Buzz Libreville. Depuis ce direct, avez-vous eu le temps de vous voir et discuter à ce sujet ? Comment sont vos rapports aujourd’hui ?

Je ne l’ai jamais revue celle-là. C’était désolant de tel propos venant d’elle, venant d’une communicante. J’ai réagis à chaud car je suis impulsive, que voulez-vous ? Mais j’ai fait ce qu’il fallait : défendre le nom de ces artistes qui travaillent ici dans les conditions que nous connaissons tous et un tel manque de respect était de trop. On souffre déjà assez (rires).

J’entends dire ici et là que j’aurais payé des millions pour cette histoire. Je les trouve où ces millions ? (rires)

Quels sont tes projets pour cette nouvelle année 2018 ?

J’ai signé mon contrat en 2018 après plusieurs années sur la table. Le programme est chargé. De belles collaborations en perspectives… 2018 c’est mon année !

La musique occupe beaucoup de place dans ton quotidien, quand tu n’es pas en studio à quoi ressemble la vie de Créol ? Quels sont tes hobbies, tes passions ?

Je suis d’abord maman, mon fils a 12 ans. A lui seul on dirait que j’en ai 8, il est super actif, très gentil garçon mon Jérémie. Ma vie lui est entièrement consacrée, jusqu’à ce qu’il soit majeur, genre 100 ans (rires).

En parallèle, je suis actuellement sur la soirée de lancement de ma fondation, « la fondation créole » qui s’occupe des jeunes filles mères sans revenus stables. J’en étais une et je sais combien de fois c’est difficile comme situation mais bon nous y reviendrons. J’aime faire la cuisine, la lecture. Je suis passionnée de lecture spirituelle et de tout ce qui touche au développement personnel et à la puissance de l’esprit.

L’un de mes hobbies c’est mon mari, je préfère m’occuper de lui. Il s’occupe trop bien de moi et mérite toute mon attention. J’aime aussi la nature, les voyages.

 

Y-a-t-il un message que tu voudrais adresser à nos lecteurs et à tes fans ?

Oui bien-sûr. Chers lecteurs et chers fantastiksn je ne fais pas semblant d’être une autre. J’ai trouvé dans un monde rempli de préjugés, la force d’exprimer mon talent comme je le ressens, cela me fait du bien, je suis heureuse et épanouie. Merci à vous pour la force, vous êtes tout pour moi, je vous aime. En ce qui concerne les rageux, sans salaire je n’ai pas le temps de vous accorder un paragraphe dans mon interview, libérez-moi la ligne !!! (Rires)

 Merci Créol d’avoir répondu à nos questions et bonne suite pour ta carrière.

C’est toujours un plaisir, merci à vous.




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