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Le mois d’octobre est le mois consacré au niveau international à la sensibilisation et à la lutte contre les cancers féminins, notamment le cancer du sein. A cette occasion, de nombreuses initiatives sont mises en place et le Gabon n’y échappe pas.

Parmi celles-ci, on retrouve le Projet Brisée-ER, porté par le réalisateur Kizo Yocko et mené par une équipe d’acteurs, de danseurs, de photographes et de musiciens qui réussissent à faire parler de cette maladie autrement.

Samantha Menie Prateaux, diagnostiquée d’un cancer du sein à l’âge de 19 ans, est la figure de proue de cette initiative que nous vous invitons à découvrir dans cette interview croisée. 

 

Kizo Yocko et Samantha Menié Prateaux, nous rentrons dans un mois très spécial, celui d’Octobre Rose. Un mois dédié à la lutte contre le cancer du sein entre autres, une maladie dont souffrent plusieurs de nos sœurs et mères. Pour cette cause, Kizo Yocko tu as eu l’idée originale de mettre sur pied le projet « Brisée-ER ». Peux-tu rappeler  à nos lecteurs de quoi il s’agit ?

Le projet #Brisée-ER est un projet que nous avons mis en place pour s’attaquer à la maladie du cancer plus précisément du sein; son objectif est la sensibilisation par l’entremise de l’art. C’est un projet Pack dans lequel nous avons plusieurs canaux artistiques:

  • une exposition photographique sur le cancer du sein fait par un collègue photographe Silver MBA;
  • un album musical dans lequel plusieurs artistes se sont exprimés chacun à sa manière: Saik1ry , BAK ATTAK , Lord EKOMY NDONG , Princess Zalang , Luidji , RIMZO BEATZ
  • de la danse avec le groupe les MI’MBIASS;
  • et enfin un moyen métrage inspiré de la vie de Samantha Menié Prateaux et réalisé par Edwin DISSELE AKAMBA.

 

Pourquoi l’avoir orthographié de cette façon «Brisée-ER» et pourquoi avoir fait le choix de cette forme de sensibilisation?

D’abord “Brisée” parce que le cancer laisse la personne qu’il attaque brisée, puis “briser” parce qu’avec ce projet nous voulons briser le cancer.

Ce projet est comme un arbre qui a plusieurs branches dont les fruits ont la même saveur. Le but est de casser les codes de la sensibilisation stricte.

Nous avons décidé d’opter par une conscientisation qui passe par des canaux qui parlent plus aux jeunes notamment les réseaux sociaux, l’image, la vidéo etc. On espère qu’ainsi le message passera plus facilement. En plus de l’aspect divertissement que nous offrons, il y a aussi la sensibilisation qui reste le fil conducteur.

 

Samantha, était-il important pour toi de raconter ton histoire à travers ce film et d’y jouer le rôle principal ?

Oui, pour moi accepter de jouer mon propre rôle était important parce que qui d’autre que moi pouvait raconter une partie de ce que j’ai vécu?

Comment as-tu vécu l’annonce du diagnostic de cette maladie qu’est le cancer du sein ?

J’avais 19 ans quand finalement on m’annonçait après plusieurs dénis des médecins que j’avais un cancer. Je n’étais qu’une petite fille et tout ce qui m’est passé par la tête à ce moment là c’est “Samantha sors de ce bureau, vas faire la fête, vis, c’est tout ce qu’il te reste à faire!”

En gros, ma pensée depuis mes 17 ans lorsque j’ai découvert cette boule dans mon sein est qu’il n’y a aucune maladie, aucune situation qui me définisse.

 

Aujourd’hui, quel est le regard que porte ton entourage sur cette maladie ?

Je ne peux pas parler à la place de mon entourage, mais je sais que la blessure est encore ouverte et qu’ils sont soulagés que je sois parmi vous aujourd’hui. Ce que je peux vous dire c’est que ceux qui ont été présents sont plus à l’écoute de leurs corps et sont plus ouverts face à la maladie en elle-même.

 

Kizo Yocko, comment s’est déroulé le casting, le choix des rôles pour la réalisation de ce moyen-métrage ?

Le casting s’est fait naturellement. Lorsque j’étais en train de concevoir le projet j’en ai beaucoup parlé à mon entourage et de fil en aiguille nous avons commencé à faire des réunions pour en parler et le construire tous ensemble. Et tous ensemble, nous avons défini les rôles sur lesquels chacun se sentait à l’aise.

Je tiens à préciser que l’aventure Brisée-ER est constituée d’amateurs pour la plupart, guidés par une envie de changer et faire avancer les choses pour parler de ce sujet afin de changer les mentalités. Le casting s’est donc fait avec des amis, l’entourage et des personnes très proches, des personnes que j’estime être en Or.

Pour la réalisation du moyen métrage, j’ai fait appel à un collègue très talentueux avec lequel j’avais déjà travaillé l’année dernière sur le projet “#CR’7 Crime rituel”: Edwin AKAMBA DISSELE, une personne humble et qui n’hésite pas à booster les autres. Nous avons travaillé ensemble sur le scénario avec Samantha pour avoir quelque chose de potable et nous nous sommes lancés.

Concernant l’album, tu as pu réunir plusieurs artistes gabonais autour de cette noble cause. Comment s’est passée la connexion avec ces derniers afin qu’ils acceptent de mettre à profit leur image pour ce projet ?

La plupart des artistes qui sont dans le projet sont des artistes avec lesquels j’avais déjà collaboré sur d’autres projets. Je leur ai donc proposé de rejoindre cette initiative.

Au départ, il s’agissait uniquement de faire des musiques pour le moyen métrage, ensuite plusieurs se sont ralliés à la cause et nous avons décidé de partir sur un album qui fasse office de bande originale.

Il y aussi le fait que le cancer est une maladie qui ne laisse personne insensible. Que l’on soit x ou Y, lorsqu’on parle de cancer, on redescend très vite sur terre.

 

Samantha, as-tu d’autres projets prévus dans lesquels tu t’impliqueras, en rapport avec la lutte contre le cancer du sein ?

En effet, j’en ai. Mon combat a commencé après mon opération en 2013; j’ai monté une association et depuis, chaque année, je renouvelle ma lutte sur la page Facebook 21 ans 1 cancer et 1 sein en moins. Pas seulement en octobre évidemment mais elle est plus accentuée à cette période là. Nous sommes également sur Instagram et Youtube.

“Ne soyez pas étrangères à vos vies à cause d’un diagnostic aussi douloureux soit-il, aussi soudain soit-il. La maladie ne détermine pas qui vous êtes”

 

Y-a-t-il un message particulier que tu souhaites faire passer à d’autres femmes qui souffrent de cette maladie, mais également à celles qui en sont épargnées ?

Mes Amazones, malades, en rémission, parents ou spectatrices des ravages du cancer du sein ou d’autres cancers, ne soyez pas étrangères à vos vies à cause d’un diagnostic aussi douloureux soit-il, aussi soudain soit-il. La maladie ne détermine pas qui vous êtes. Vous avez plus de force en vous que vous le pensez. Faites vous confiance, laissez vous entourer par vos familles et vos amis.

À celles qui sont épargnées, apprenez à vous connaître, palpez vous, n’hésitez pas à vous faire dépister.

 

Kizo Yocko, comment avez-vous fait pour donner vie à ces projets. Avez-vous eu un soutien financier ou matériel ?

Je préfère dire que nous avons donné vie à ce projet parce que c’est plus qu’un simple projet. C’est une famille, une vision, une ambition, c’est l’amour, le partage, le vivre ensemble, c’est une autre dimension.

Nous n’avons eu aucun soutien; ce projet a été réalisé avec nos propres petits moyens financiers et humains. chacun a donné de son temps, de sa patience, de son amour pour lui donner vie. Nous étions animés d’une envie de faire avancer les choses.

Je profite de cette tribune pour remercier haut et fort mes frères et amis avec lesquels on a vécu ces moments de tournages tous rudes: Naëlle, Axel, Ilona, Roger, Yann, Fooboo, Luidji, Gaëlle, Angélique, David, Fausther, Nicolas, Vanessa, Attissooo, Loraine, Vanessa, Hady, Rudolph, Liona qui est venue de Lyon pour faire le make-up. La liste est longue.

 

 

Un clin d’œil  particulier à l’association “BeOne TheVision” qui est également dans le projet. c’est une association qui mérite d’être reconnue car elle oeuvre beaucoup pour favoriser la culture urbaine. Elle fait la promotion des artistes sous forme d’événements dans la ville de Bordeaux et la plupart des membres sont d’origine gabonaise, ils méritent d’avoir plus d’exposition.

 

Y-a-t-il un dernier mot que vous souhaitez tous les deux ajouter en guise de conclusion ?

Samantha : mieux vaut connaître son statut que vivre dans l’ignorance. 

Kizo Yocko : seul DIEU a le dernier mot.

 

Merci Kizo Yocko et Samantha Menié Prateaux de vous êtes confiés à notre rédaction. Succès à votre projet pendant ce mois de sensibilisation.

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