Prince Mo, artiste et animateur radio : « Je pense que le...

Prince Mo, artiste et animateur radio : « Je pense que le showbiz gabonais souffre en silence du manque de considération de la culture et des arts »

Prince Mo, artiste auteur compositeur. Photo Credit: EBEN SCAR.

Installé au Gabon dans le cadre du développement de sa carrière, Prince Mo est un artiste originaire du Togo qui évolue dans le hip hop. Finaliste du Prix Découvertes RFI 2017, l’artiste nous a partagé ses observations sur le showbiz au Togo et au Gabon, ses activités à Libreville, son  nouvel album et ses projets pour 2018.

 

Ton nom d’artiste nous interpelle agréablement, fais-tu partie d’une famille royale (Rire) ? “Pourquoi Prince Mo” ?

Je me nomme MOSSI Kodzo Makpotepe Eli, je porte le nom d’un grand et ancien royaume Africain. Le royaume MOSSI. « Prince Mo » mon nom d’artiste est en référence à mes origines royales.

Tu évolue dans le rap, comment est née l’envie de te consacrer entièrement à la musique et d’en faire un métier ?

Cela s’est fait graduellement. Plus je créais de la musique, plus je découvrais des univers et plus ce besoin grandissait en moi au fil des années. Après mon bac en 2009, je me suis inscrit en première année de « commerce international », mais la demande du personnage PRINCE MO’ a été plus forte et j’ai choisi de m’y mettre à plein temps.

 

Quel est le message que tu véhicules dans ta musique ?

Mon message peut être perçu sous différents angles mais je m’inspire de ce que nous vivons pour faire ressortir l’amour, la motivation, des faits insolites, pour inspirer un éveil de conscience, de l’espoir, ou pour développer l’imagination.

Artiste originaire du Togo, comment se porte l’industrie du showbiz dans ce pays ?

Le showbiz est à l’image du peuple : mécontent de la place qu’on lui a donné malgré tout son potentiel.

En observant ton parcours, nous remarquons que tu voyages beaucoup. Dakar, et maintenant Libreville. Peut-on dire que la découverte d’autres cultures est ce qui enrichit et inspire ta musique aujourd’hui ?

Exactement. Rentrer en contact avec d’autres peuples permet une certaine ouverture d’esprit. Et, pour un amoureux de la culture comme moi, je trouve fascinant tout ce que nous avons de commun en tant que peuples africains.

 

Prince Mo, Photo crédit: EBEN SCAR.

Tu es désormais installé au Gabon, pourquoi ici et pas ailleurs ?

C’est à la base le choix de mon manager Magali Palmira Wora avec qui je travaille et ensuite pour pouvoir continuer de travailler mon talent.

Quelles sont tes activités sur le terrain ?

En dehors d’être artiste, je suis animateur de radio à URBAN FM 104.5. J’y anime l’émission Urban Week-End Radio qui est une émission bilingue (anglais, français) sur les musiques hip-hop et Afropop.

Le fait d’être un artiste togolais résidant au Gabon est-il un avantage à la réalisation de tes rêves ?

Je pense que cela a ses avantages et ses inconvénients. Je préfère garder à l’esprit les opportunités d’expansion qui s’offrent à moi en ayant pour nouveau point de départ le Gabon.

 

  « La musique urbaine gabonaise est une étoile en Afrique francophone. »

 

Sinon, que penses-tu du showbiz gabonais ?  Depuis ta venue, penses-tu avoir réussi à t’intégrer dans ce milieu ?

Je pense que le showbiz gabonais souffre en silence, également, du manque de considération de la culture et des arts, dans la société. Néanmoins, je pense que par rapport au nombre d’habitants et aux ressources du pays, les investissements dans le secteur culturel sont plus importants que ceux effectués au Togo.

Quel est ton point de vue sur la musique urbaine gabonaise ? Qui sont les artistes locaux que tu apprécies et avec qui tu pourrais collaborer ?

La musique urbaine gabonaise est une étoile en Afrique francophone. Je suis aujourd’hui heureux d’être dans le pays d’Eben qui a vraiment marqué l’histoire de la musique urbaine africaine. Sans vouloir manquer de respect aux autres acteurs du milieu qui méritent toute notre attention, je ne vais pas en citer davantage.

Je travaille sur le média numéro un en matière de promotion de culture urbaine URBAN FM, j’ai par conséquent la chance de rencontrer beaucoup d’artistes gabonais. Un high Big up à chacun d’entre vous pour tous les sacrifices fait en l’honneur de l’histoire du peuple. J’ai eu une collaboration avec, Jey-Rspect Me sur le titre “BACK TO LIFE” dans mon album. D’autres collabos avec plein d’autres artistes gabonais suivront certainement.

Récemment, tu as sorti un nouvel album: « Live and Believe ». Raconte-nous la réalisation de ce projet ?

C’est un projet qui a vu la participation de l’ivoirien Bada Ariel David et du gabonais SONY aka Dr Dragon. Ils ont été à l’arrangement musical de toutes mes compositions et ont su savamment mixé mon univers de musique Live et celui de Musique assisté par ordinateur. Nous avons enregistré tout le projet au studio TJ PRODUCTION.

 

Comment l’album a-t-il été accueilli par tes fans et comment peut-on se le procurer ?

Beaucoup ont été surpris de me retrouver dans un univers reggae et ragga car ils m’ont connu dans le rap, mais pour ceux qui ont pu se le procurer, il a été bien accueilli. Au regard de l’impact mondial du digital, l’album est pour le moment disponible sur toutes les plateformes de téléchargement légale tel que Itunes, Amazon, Deezer, Spotify, Google Play. Il sera disponible dans quelques mois en CD physique au Togo et au Gabon. Cependant, cinq titres de l’album sont disponibles sur ma chaîne Youtube. 

Grâce à votre album « Live and Believe », vous avez été finaliste du Prix Découvertes RFI 2017. Que tires-tu de cette expérience ?

Nous pouvons retenir que finir finaliste veut dire que nous méritons notre place à l’international et qu’il faut maintenant travailler pour s’arracher une bonne place.

Que nous réserve Prince Mo pour 2018 et que peut-on te souhaiter pour cette nouvelle année ?

Pour 2018, je pense que je vais faire connaissance avec le public africain. Je nous souhaite l’expansion dans nos activités à l’échelle internationale.

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