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Robert Brazza : « Si on ne tient pas compte des acteurs culturels sur le terrain cela n’en vaut pas la peine »

Robert Brazza : « Si on ne tient pas compte des acteurs culturels sur le terrain cela n’en vaut pas la peine »

Robert Brazza est une personnalité qui n’est plus à présenter dans le monde des médias et de la communication. Journaliste et animateur de plusieurs émissions sur la chaîne française Canal+ en l’occurrence « + D’Afrique », il a été l’un des coachs invités à la 4e Edition des Sambas Professionnels du 03 au 08 Juillet 2017. Créés à l’initiative de Josiane Maténé, les Sambas Professionnels ont été l’occasion pour Robert Brazza de partager son expérience et de donner des outils aux acteurs culturels gabonais. Découvrez son interview exclusive.

Bonjour Robert Brazza, pourquoi avoir choisi de répondre présent à l’invitation de Josiane Maténé pour cette 4e Edition des Sambas Professionnels ?

Bonjour. Répondre aux sambas c’est répondre présent à l’appel de l’Afrique, l’appel de l’Afrique qui ne se construira que par elle-même et ses acteurs. Donc ça paraissait très important que nous soyons là, au lieu qu’on cherche toujours des gens pour révéler  ce que l’on a en terme de  talents et de richesses culturelles. Ces gens reviennent toujours de l’extérieur, ils contribuent évidemment, mais on a aussi le droit nous-mêmes de pouvoir, à un moment donné, revenir à la source et puis donner en retour.

 

Robert Brazza, lors de l'atelier portant sur le thème: Culture, enjeu de développement. Crédit photos: Serge Rahim.
Robert Brazza, lors de l’atelier portant sur le thème: Culture, enjeu de développement. Crédit photos: Serge Rahim.
Vous avez été en charge d’animer l’atelier qui avait pour thématique : « Culture, enjeu de développement ». Que devons-nous en retenir ?

Moi j’ai surtout envie de dire qu’est-ce qu’on doit  retenir de cette dynamique qui s’est créée et c’est ça le plus important. Ce qu’on doit retenir de cette dynamique c’est la cohésion, la complémentarité, c’est l’ambition, c’est la volonté de pouvoir faire et de pouvoir aussi conjuguer les moyens et les énergies. C’est ça le plus important.

Parce que on peut prendre un enjeu de développement comme celui de la culture, en faire des thèses, des pages et des pages et des essais, nos dirigeants politiques s’y sont essayés, au finish si on ne prend pas et on ne tient pas compte des acteurs culturels sur le terrain cela n’en vaut la peine. Cet atelier a été révélateur de ce qui existait déjà et je dirais à une certaine mesure qu’il a été fédérateur de ce qu’on peut déjà trouver ici dans le sol du Gabon.

 

Au cours de cet atelier, vous avez insisté sur l’importance du retour à notre identité culturelle. Comment la nouvelle génération actuelle pourrait y remédier afin de se la réapproprier ?

Pour se la réapproprier Il faut que cette génération ouvre les yeux sur son environnement immédiat c’est-à-dire familial d’abord, puis culturel au sens du village, de la communauté, même si on n’a pas vu le jour au niveau du village, plutôt que d’essayer de l’attraper via la télévision.

Ce que la télévision va montrer c’est toujours la vision d’un directeur de programme ou d’un rédacteur en chef et ce n’est pas parfois proche de la réalité. Après on se dit que telle culture est pauvre parce que on ne la voit pas assez sur tel ou tel canal et quand on va sur le terrain on se rend compte qu’elle foisonne. Donc c’est ça qui est d’abord à retenir.

 

« Il y a des secteurs qui vont toujours être prioritaires, celui de la défense, celui de l’aménagement du territoire, celui de la santé, celui de l’éducation mais l’éducation par la culture ça existe aussi. »

 

Le secteur culturel au Gabon a un énorme potentiel pouvant impacter sur son développement mais il tarde encore à évoluer positivement, en êtes-vous inquiet ?

J’ai de l’espoir mais cela n’empêche que je ne sois inquiet, parce que malheureusement quand on parle d’inquiétude c’est dans le sens où la part allouée à la culture est diminuée de plus en plus. Il y a des secteurs qui vont toujours être prioritaires, celui de la défense, celui de l’aménagement du territoire, celui de la santé, celui de l’éducation mais l’éducation par la culture ça existe aussi.

On parle de l’éducation par le sport qui génère également énormément de deniers  via les compétitions internationales et autres, mais l’éducation par la culture est importante. Quand on est dans les petites classes, la première chose qu’on apprend aux enfants c’est à compter, on leur apprend à lire et écrire dans une langue, et on leur apprend à prêter attention à leur environnement immédiat notamment leurs amis qui sont dans la classe, la classe, la ville où ils sont, leurs villes, leurs pays, le calendrier des fêtes  nationales ou des fêtes traditionnelles etc. ça veut dire que c’est tout aussi essentiel. Donc si tout ceci disparaît malheureusement à terme on arrive à un effacement de cette identité.

Robert Brazza. Crédit Photo: Serge Rahim.
Robert Brazza. Crédit Photo: Serge Rahim.

 

Estimez-vous que votre message a été semé sur la bonne terre et qu’il portera ses fruits avec les acteurs culturels que vous avez coachés durant ces Sambas ?

Oui il portera ses fruits parce que déjà je les ai vus se parler. Certains se connaissaient, se côtoyaient, mais n’échangeaient et ne se parlaient pas, c’est une chose que l’on voit malheureusement un peu partout. Les acteurs culturels et peut-être parce que la culture est quelque chose de très intime ont toujours l’impression qu’ils sont seuls à porter toutes les difficultés ou à porter tous les projets et les éléments créatifs qu’il peut y avoir. Donc moi je pense que cet atelier a démontré que ce n’était pas vrai et ma plus grande joie c’est de voir que ces gens ont découvert qu’ils étaient complémentaires.

 

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Quel bilan personnel tirez-vous de ce séminaire d’échanges et de compétences ?

Sur le plan personnel, comme je l’ai toujours dit à chaque fois que je viens en Afrique c’est tout simplement se ressourcer, se ressourcer encore et toujours. Il n’y a pas moyen de le dire autrement, c’est une joie immense de venir à la source puiser ce qu’il y a de frais avant de le partager ailleurs.

 

Serez-vous là pour la 5e Edition en 2018 ?

Absolument ! Si l’emploi du temps le permet je serai là. L’année dernière j’aurais pu mais ça finissait en Mai et il y avait un calendrier sportif qui ne le permettait pas. Là il se trouve que pour la temporalité de cette année, ça a été tout à fait l’idéal. Elle correspond aussi à une fin de saison, et pour moi c’est quelque chose qui est un atout de venir dans une période de pause.

 

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Croyez-y, croyez en vos pays, croyons en nos pays,  en notre continent, croyons en notre culture et croyons en nous.

 

Merci Robert Brazza d’avoir accepté cet entretien

Merci beaucoup.

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