“Sens Dessus Dessous”, la mini-série qui sensibilise à la cause des personnes...

“Sens Dessus Dessous”, la mini-série qui sensibilise à la cause des personnes sourdes

La mini-série Sens dessus Dessous de la réalisatrice Matamba Kombila est déjà un petit bijou du cinéma indépendant gabonais qui séduit les festivals du continent. En sélection officielle du Festival Ecrans Noirs (Cameroun), la série sera aussi présente au Durban International Film Festival (Afrique du sud) en juillet.

 

Matamba Kombila résume bien sa démarche : “je voulais faire un récit intime, pour montrer au public gabonais des individus aux prises avec le conflit, l’amour, la jalousie, le rejet, la cupidité, l’ambition. Donc, j’ai centré les histoires sur les expériences personnelles de chaque personnage et la beauté qui peut venir de leurs circonstances désastreuses”.

Ce sont donc les expériences personnelles d’Anoushka, Chris Levy, Livia et Pierre que la réalisatrice traduit en images dans cette mini-série de 9 courts métrages de 9 minutes. La vie de ces quatre amis sourds a été mise en boîte au bout de 19 jours de tournage à Libreville.

L’idée de cette série a émergé en 2015, après que Matama Kombila ait collaboré avec la cinéaste Nathalie Pontalier sur un projet de film que cette dernière réalisait en partenariat avec l’École Nationale pour Enfants Déficients Auditifs. Matama Kombila a participé à l’écriture et à la direction du projet qui a donné naissance à l’époque au court métrage intitulé Télésourd. Le film a fait le tour du monde et a été présenté dans 13 festivals.

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“J’ai été surprise de découvrir qu’il y avait une école pour enfants sourds au Gabon parce que je n’avais jamais rencontré, étudié ou travaillé avec quelqu’un qui communique avec la langue des signes”. C’est donc après cette première expérience que la réalisatrice a décidé d’aller plus loin et creuser dans les parcours individuels d’une partie de ces jeunes.

La principale difficulté, celle commune à la plupart des œuvres cinématographiques, fut bien évidement le financement: “j’ai réalisé que les investisseurs n’étaient pas intéressés par le financement de films gabonais qui n’étaient ni des comédies autoderisoires, ni des drames imprégnés de sorcellerie”.

La cinéaste a néanmoins pu compter sur les contributions de SOBRAGA, de la boulangerie L’Escale Royale et de l’association caritative Lyons Club Hibiscus. Le reste s’est fait en autofinancement puis elle compte aussi sur l’argent récolté après une levée de fonds organisée sur internet pour terminer la post-production.

Sens Dessus Dessous est déjà une oeuvre attachante que le public gabonais mériterait de découvrir. Pour l’heure, Matamba Kombila se prépare à participer aux ateliers Talents Durban organisés dans le cadre du Durban International Film Festival en Afrique du sud du 20 au 24 juillet, un des festivals les plus importants du continent.

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