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Yvan Minko : « Le cinéma gabonais a plus de 40 ans, il fait sa crise de la quarantaine »

Yvan Minko : « Le cinéma gabonais a plus de 40 ans, il fait sa crise de la quarantaine »

Rendu célèbre grâce à la série de Canal+, Chéri Coco, Yvan Minko est un acteur à l’humour débordant. Rien que réaliser cette interview a été un moment de rigolade. Le Gabonais partage son talent comique depuis 2 ans sur la chaîne cryptée et est devenu une figure familière que les Africains ont appris à apprécier. Entretien avec un des nouveaux visages du cinéma gabonais.



 

Comment a commencé l’aventure Chéri Coco ?

Tout à fait par hasard ! Le casting de la série était presque terminé alors qu’ils avaient déjà casté 2000 comédiens dans toute l’Afrique. Le dernier jour, je suis arrivé sur les lieux pour une autre raison : y retrouver une amie. Finalement, je me lance et je passe le casting avec un téléphone car le matériel avait déjà été rangé. L’inspiration que j’ai eu à ce moment là est sortie de la forêt des abeilles (rire). Je les ai convaincu instantanément.

Et les débuts du tournage avec Marie-Amy Doukouré, l’actrice qui joue votre femme à l’écran ?

Nous nous sommes appréciés tout de suite. Les gens ont l’impression qu’on se connaît depuis 100 ans !

Chéri Coco est une adaptation de la série française à succès Un Gars, Une Fille. Comment adapte-t-on son jeu pour incarner une version africaine de Jean Dujardin ?

C’est dur d’avoir une version originale; c’est un peu comme un son de Bob Marley ou de Mickael Jackson, comment on réinvente-t-on cela ? Alors, je joue ce personnage à ma façon, en y apportant ma personnalité.

Vous en êtes à 2 saisons de la série, quel impact a-t-elle sur votre carrière ?

Ma vie a changé depuis Chéri Coco. Pour la petite anecdote, à chaque fois que je voyage, je suis surclassé parce qu’on me reconnaît. Vous savez, les gens s’identifient à cet humour africain qui donne une image positive de nous.

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De nouvelles opportunités depuis ?

Oui. On me propose des projets à Nollywood, la France ou le reste de l’Afrique. Les rôles que l’on me soumet sont très différents; notamment parce que lorsqu’on découvre mon profil, on se rend compte que je peux incarner plusieurs personnages. J’ai même fait des stages de cascade pour étoffer ma palette de jeu. Je peux donc aussi assumer des rôles qui nécessitent des aptitudes physiques particulières.

Qu’est-ce qui vous plaît dans votre métier ?

Ce que j’aime avant toute chose, c’est le public puis le jeu. Je veux avoir des répliques cultes comme ce fut le cas pour Jean-Miché kankan ou Gohou. Je suis aussi un très grand fan de films d’auteurs; c’est ce cinéma qui me touche le plus.

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Se lancer dans cette carrière a-t-il été simple pour vous ?

J’ai décidé de changer complètement de vie il y a 10 ans. Cela n’a pas été simple. Après mon DESS en comptabilité-gestion, j’ai travaillé dans ce domaine pendant plusieurs années. J’avais « une vie stable » comme on dit. Mais j’ai voulu sauter le pas et m’adonner totalement à ma passion.

Votre prochain gros projet ?

Je prépare un one man show intitulé « Insolent de naissance »; il est en phase de mise en scène actuellement. Comme son nom l’indique, c’est un spectacle drôle et caustique dans lequel je dépeins la société gabonaise et africaine en général. Vous me verrez donc bientôt sur les planches.

Un mot sur l’état actuel du cinéma gabonais ?

Le cinéma gabonais a plus de 40 ans déjà; il est en train de faire sa crise de la quarantaine. Il va parfois dans tous les sens mais il reste un cinéma qui a un niveau honorable. Toutefois, il reste encore à structurer; pour cela nous devons nous en donner les moyens humains et financiers. Mais il faut aussi beaucoup de volonté. Je suis fan d’un bon nombre d’acteurs et d’actrices gabonais mais ils sont nombreux à se décourager parce qu’ils ne voient pas rapidement les fruits de leur travail. Ils rechignent à se former car ils considèrent que cela ne leur servira à rien.

Le Gabonais doit comprendre que le Cinéma est un secteur qui peut nous rapporter énormément d’argent, et nourrir des familles.
Donc, il faut le subventionner. Pas dans le sens d’une subvention de l’Etat, mais en participant activement à sa promotion et à son développement. Par exemple, en payant pour aller voir des films ou en les achetant. Cela contribuera à l’essor de notre cinéma.




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