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Communauté Gabonaise au Sénégal : la guerre de l’événementiel

Communauté Gabonaise au Sénégal : la guerre de l’événementiel

Le monde de la nuit, pris d’assaut par la communauté gabonaise au Sénégal, est aujourd’hui témoin d’un foisonnement de groupes événementiels. Un secteur ultra-concurrentiel où les différents groupes se rendent coup pour coup en rivalisant toujours plus d’ingéniosité. Des incontournables «Nuit de la Bleusette » à « Gaboma Land » en passant par les soirées à thèmes toujours plus nombreuses, les nuits se succèdent et les soirées s’enchaînent à un rythme effréné. Slogans toujours plus aguicheurs, affiches toujours plus clinquantes, lieux toujours plus chics, invités toujours plus prestigieux… Tous les moyens sont bons pour appâter la clientèle dans ce véritable temple de Bacchus à ciel ouvert.





L’ORIGINE DU PHÉNOMÈNE

Cercle fermé, le milieu de l’événementiel était auparavant capté par une coterie d’organisateurs patentés. Des anciens communément appelés « cassik » dont il ne sera pas trop de dire qu’ils font et faisaient partie des meubles. “Avant toutes ces nouvelles structures il n’en existait pas beaucoup. On pouvait compter *We Made It*, *Les Boss des ways *La Ligue des stars* et enfin *L’Ekip2 Nuit*” se souvient Micke dit le célébrissime, pionnier dans l’organisation des soirées, pensionnaire du groupe événementiel BOSS2NUIT. Portés par leur instinct naturel de fêtard et surtout regardant sur un secteur fructueux à conquérir, ces derniers posent alors les premières bases du milieu du divertissement.

Un boulevard, une opportunité bien senti par ceux-là, décidés à capitaliser sur l’importante communauté gabonaise au Sénégal. L’organisation des soirées pour les ressortissants gabonais connaît alors ses débuts. “Chaque groupe organisait dans des boîtes différentes à des jours différents et mettait en place ses concepts afin d’attirer le maximum de personnes dans son coin ou sa soirée” ajoute Micke le célébrissime.

 

Photo crédit @Les Boss de Nuit

 

Entre le mythique rendez-vous du jeudi à la Petite Côte et celui du mercredi au Barramudi ou encore celui du samedi au Duplex, les différents groupes présents se partageaient le festif archipel Dakarois pour le plus grand plaisir de leurs compatriotes qui, on le sait, sont friands de soirées survoltées. Une autre époque au regard de la situation qui prévaut actuellement avec des structures événementielles toujours plus nombreuses et une concurrence  beaucoup plus accrue.

“Si vous voyez autant de personnes migrer vers l’événementiel c’est parce que effectivement c’est un job très lucratif quand tu es passionné et bon dans ce que tu fais ou tu proposes”

UN FOISONNEMENT DE STRUCTURES EVENEMENTIELLES 

Inspirés par leurs illustres aînés et surtout à l’affût d’activités rentables, d’autres personnes – notamment les plus jeunes – commencent à lorgner du côté de l’événementiel. Le temps où quelques structures régnaient en maîtres dans la distribution de joie à Dakar est aujourd’hui révolu. La crise sanitaire et tout son lot de restrictions, notamment le confinement, aura eu un effet déclencheur, engendrant une multiplication des groupes événementiels surfant sur l’envie, à cet instant, insatiable, de faire la fête ressentie par les populations.

De ce fait, on compte un peu moins d’une dizaine de structures événementielles tenues par des ressortissants gabonais contre  moins de cinq il y a quelques années  ; c’est dire si ce secteur suscite des vocations et augmente la fréquence des soirées. De deux à trois rendez-vous hebdomadaires, l’on est passé à plus d’un par jour, souvent à la même heure, à des endroits voisins.





Une concurrence beaucoup plus féroce qui entraine les différents acteurs à redoubler de créativité. Des thèmes de soirées toujours plus insolites, des promotions à n’en plus finir, des booking d’artistes les plus en vogue, tels sont les  moyens pour séduire et rivaliser avec la concurrence. Et à la question de savoir quel regard portent-ils sur l’état actuel du milieu du divertissement, ses protagonistes le voient plutôt d’un bon œil : “l’augmentation de toutes ces structures à Dakar, c’est une bonne chose car cela montre que nous, les précurseurs, avons suscité l’envie de faire la même chose chez les plus jeunes. L’impact c’est que les gens ont aujourd’hui plus de choix en terme de soirées à Dakar”.

De l’altruisme, de la solidarité, une concurrence saine et un partage du gâteau.

 

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UNE ACTIVITÉ LUCRATIVE

Conscient de l’importante manne financière que peut constituer l’organisation d’événements festifs au regard notamment de la forte présence gabonaise en terre sénégalaise, ce n’est donc pas de manière fortuite que nombreux s’y engagent. Pour les acteurs du milieu, cette  population avec une forte propension pour les soirées arrosées constituerait un énorme potentiel à exploiter.

Un métier à temps plein pour certains, une activité subsidiaire pour d’autres, celui-ci peut rapporter gros, il faut juste savoir s’y prendre selon Micke : “dans les pays développés, l’on fait carrière dans l’événementiel, mais chez nous en Afrique ce n’est pas encore le cas, c’est souvent négligé, dénigrer. Si vous voyez autant de personnes migrer vers l’événementiel c’est parce que effectivement c’est un job très lucratif quand tu es passionné et bon dans ce que tu fais ou tu proposes”.

La passion, l’appât du gain, autant d’explications au dévolu jeté sur le secteur de l’événementiel par la communauté gabonaise au Sénégal. La ruée vers l’or, la ruée vers l’événementiel, nouvel eldorado.

 




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